Apprendre / Disposition de clavier AZERTY

🇫🇷 Disposition de clavier AZERTY

L'AZERTY est la disposition de clavier de fait utilisée pour le français en France, en Belgique, au Luxembourg et dans une grande partie de l'Afrique francophone, nommée d'après les six premières lettres de sa rangée alphabétique supérieure. Elle a évolué à partir du QWERTY américain en France durant la dernière décennie du XIXe siècle et, bien qu'elle soit devenue la norme culturelle, elle n'a jamais été rigoureusement normalisée — jusqu'à ce que la norme volontaire AFNOR NF Z71-300 de 2019 fixe enfin la position des accents, des ligatures et des symboles. Cette page explique ce qu'est l'AZERTY, en quoi exactement elle diffère du QWERTY, ses origines disputées, la manière dont se saisissent les diacritiques français, les critiques documentées et la norme moderne.

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Ce qu'est l'AZERTY

L'AZERTY est une disposition qui agence l'alphabet latin sur les touches de sorte que la rangée alphabétique supérieure se lise A-Z-E-R-T-Y, d'où son nom. C'est le clavier physique et logiciel standard en France et en Belgique, avec des variantes nationales utilisées au Luxembourg et dans de nombreux pays africains francophones ; les versions française et belge diffèrent dans le détail. Contrairement au QWERTY, la rangée supérieure de chiffres produit, sans appui sur Maj, des caractères orientés français (& é " ' ( - è _ ç à), les chiffres 0 à 9 occupant ces mêmes touches en sortie avec Maj. La disposition a été conçue autour des besoins du français écrit plutôt que de l'anglais, si bien que plusieurs voyelles accentuées disposent de leur propre touche. Elle coexiste aujourd'hui avec les méthodes de saisie logicielles, mais le clavier physique AZERTY demeure la norme régionale sur les ordinateurs portables vendus sur ces marchés. Sa persistance relève largement de l'inertie culturelle plutôt que d'une efficacité prouvée, point que la norme de 2019 entendait corriger.

En quoi elle diffère du QWERTY

Quatre changements définissent la différence avec la disposition QWERTY américaine. Premièrement, A et Q sont permutés, de sorte que la touche en haut à gauche est A et non Q. Deuxièmement, Z et W sont permutés, plaçant Z sur la rangée supérieure et W en bas à gauche. Troisièmement, la touche M est retirée de la rangée inférieure pour se placer immédiatement à droite de L, sur la rangée de repos. Quatrièmement — et c'est le plus lourd de conséquences à l'usage quotidien — la rangée des chiffres est inversée : les chiffres 0 à 9 exigent de maintenir Maj, tandis que les touches sans Maj produisent ponctuation et lettres accentuées. L'AZERTY utilise aussi historiquement un verrouillage Maj (Shift Lock) plutôt qu'un véritable verrouillage des capitales (Caps Lock), ce qui affecte différemment les touches non alphabétiques. Le résultat net est un clavier accordé aux fréquences des lettres et aux accents du français, au prix d'un accès plus lent aux chiffres et à de nombreux symboles de programmation.

Histoire et raisons de son apparition

L'AZERTY est apparu en France durant la dernière décennie du XIXe siècle, comme une variation des machines à écrire QWERTY américaines importées, et s'est progressivement imposé durant la première décennie des années 1900. Fait crucial, son origine exacte est inconnue — aucun inventeur ni brevet uniques ne lui sont attribués de façon fiable, et Wikipédia indique clairement que l'origine précise est incertaine (toute attribution catégorique à un seul nom doit être tenue pour disputée). Une erreur courante confond l'AZERTY avec la disposition de 1907 proposée par l'expert français en sténographie Albert Navarre (souvent résumée par un agencement « ZHJAYS »), mais il s'agissait là d'une réforme concurrente, plus radicale, qui a échoué sur le marché — ce n'était pas l'AZERTY que nous utilisons. L'AZERTY a survécu en grande partie en raison de sa similitude avec le QWERTY déjà familier, ce qui abaissait le coût de réapprentissage. Pendant des décennies, il s'est diffusé sans norme nationale contraignante ; l'AFNOR a publié une spécification expérimentale vers 1976, mais une norme véritablement fixée et officiellement publiée n'est arrivée qu'en 2019.

Diacritiques et symboles spéciaux

L'AZERTY français donne un accès direct (à une seule touche) aux lettres accentuées minuscules les plus fréquentes : é, è, à, ù et ç ont toutes leur propre touche, pour l'essentiel sur la rangée des chiffres sans Maj. Les accents moins courants se saisissent au moyen de touches mortes : appuyer sur la touche accent circonflexe (^) puis sur une voyelle donne â/ê/î/ô/û, et Maj plus cette touche fait office de tréma pour produire ä/ë/ï/ö/ü. Les symboles courants se trouvent au troisième niveau via AltGr : @, le signe euro €, les accolades et le dièse exigent tous AltGr sur l'AZERTY de base. L'AZERTY belge diffère ici — il expose un jeu plus complet de touches mortes d'accent (^ ¨ ´ `) et place { et } sur AltGr+9 et AltGr+0. Les ligatures telles que œ et æ n'étaient pas du tout directement accessibles sur la disposition de base, ce qui constitue l'une des lacunes que la norme de 2019 comble. La difficulté d'accès aux capitales accentuées (É, Ç, Œ) est le défaut le plus critiqué de la disposition.

Une critique honnête

L'AZERTY est largement critiqué, y compris par les institutions françaises, pour être mal adapté à la langue même qu'il était censé servir. En janvier 2016, le ministère français de la Culture a publiquement déclaré que l'AZERTY rendait difficile la saisie d'un français correct et a lancé un effort pour y remédier. Le défaut le plus souvent cité concerne les lettres capitales accentuées : les majuscules comme É, Ç et Œ ne sont pas directement accessibles sur la disposition de base ni via la correspondance par défaut du système d'exploitation, si bien que les rédacteurs omettent fréquemment les accents — un vrai problème dans le français juridique et administratif, où les noms s'écrivent en capitales intégrales. Les symboles du quotidien sont placés de manière incohérente : les signes @ et € se trouvent derrière AltGr. Pour les chiffres, la rangée numérique qui exige Maj ralentit la saisie par rapport au QWERTY. Surtout, l'AZERTY n'est pas une disposition optimisée ergonomiquement à la manière du bépo ou du Dvorak — l'emplacement de ses lettres reflète l'accident historique plus qu'une analyse des déplacements des doigts.

La nouvelle norme AFNOR NF Z71-300:2019

À la suite d'une demande du ministère de la Culture en 2015, l'AFNOR a élaboré la première véritable norme de clavier français, NF Z71-300, publiée en 2019 (à noter une divergence de date : la page de l'AFNOR cite désormais le 4 mars 2019, tandis que la couverture de l'époque cite le 2 avril 2019 — toutes deux renvoient à la même publication). Il s'agit explicitement d'une norme volontaire, et non d'une obligation légale. Elle définit deux dispositions. La première est un AZERTY « amélioré » ou optimisé : les 26 lettres et les 10 chiffres conservent leurs positions familières, mais les voyelles accentuées, le signe @, la ponctuation, le dièse, les symboles monétaires et les accolades sont repositionnés, et elle ajoute enfin un accès direct aux capitales accentuées À/É/Ç, aux guillemets « », ainsi qu'aux ligatures Œ/œ et Æ/æ. La seconde est le bépo, une alternative optimisée ergonomiquement. Le comité s'est appuyé sur les fabricants de claviers, les entreprises informatiques, les organismes publics et les chercheurs en interaction homme-machine, et une consultation publique de 2017 a recueilli plus de 3 000 commentaires.

Comment dactylographier au toucher sur AZERTY

La dactylographie au toucher sur AZERTY suit le même principe que pour toute disposition : ancrez vos doigts sur la rangée de repos (q-s-d-f pour la main gauche, j-k-l-m pour la main droite, les index palpant les ergots de F et J) et atteignez chaque autre touche par mémoire musculaire, sans regarder. Parce que la rangée des chiffres est décalée, les dactylographes au toucher en AZERTY doivent entraîner délibérément le réflexe Maj+chiffre, et parce que des accents fréquents comme é, è, à et ç vivent sur cette rangée supérieure, les exercer comme des caractères de premier ordre importe davantage qu'en QWERTY. Les accents à touche morte (^ puis une voyelle pour â/ê, Maj+^ pour le tréma) et les symboles AltGr (@, €, {, }) requièrent chacun leur propre exercice dédié afin que les combinaisons deviennent automatiques. TypeRIGHTing prend en charge les dispositions nationales — AZERTY (français et belge), QWERTZ et QWERTY — avec leurs caractères spéciaux et leurs accents, de sorte que vous pouvez forger de bonnes habitudes des doigts sur la disposition exacte que vous utilisez réellement.

Questions fréquentes

Pourquoi l'AZERTY place-t-il les chiffres derrière la touche Maj ?

Sur l'AZERTY, la rangée supérieure produit par défaut des caractères orientés français — ponctuation et lettres accentuées telles que é, è, à et ç — car ils sont constamment nécessaires en français écrit, tandis que les chiffres 0 à 9 occupent le niveau accessible avec Maj sur les mêmes touches. Cela privilégie une prose française fluide au détriment d'une saisie numérique rapide, ce qui constitue l'une des critiques récurrentes de la disposition et une habitude que les dactylographes au toucher en AZERTY doivent entraîner explicitement.

Qui a inventé l'AZERTY et quand ?

Personne ne s'en voit attribuer la paternité de façon fiable. L'AZERTY a émergé en France comme une variante des machines à écrire QWERTY américaines durant la dernière décennie du XIXe siècle et s'est répandu au début des années 1900, mais son origine exacte est véritablement inconnue — Wikipédia indique lui-même que l'origine est incertaine. La disposition de 1907 d'Albert Navarre est parfois citée, mais il s'agissait d'une tentative de réforme distincte, plus radicale, qui a échoué, et non de l'AZERTY lui-même.

Qu'a changé la norme AFNOR de 2019 ?

NF Z71-300 (publiée en 2019) est une norme volontaire définissant un AZERTY amélioré et le bépo ergonomique. L'AZERTY amélioré conserve les lettres et les chiffres en place mais repositionne les accents, le @, la ponctuation, le # et les symboles monétaires, et ajoute enfin un accès direct aux capitales accentuées (À, É, Ç) ainsi qu'aux ligatures Œ et Æ qui manquaient à l'ancienne disposition.

L'AZERTY convient-il à la dactylographie au toucher, et puis-je m'y exercer ?

L'AZERTY peut se dactylographier au toucher comme toute disposition, mais c'est une disposition historique plutôt qu'optimisée ergonomiquement, si bien qu'un entraînement structuré porte ses fruits — en particulier pour les chiffres en Maj+chiffre, les accents de la rangée supérieure et les symboles AltGr. TypeRIGHTing prend en charge les dispositions nationales, dont l'AZERTY français et belge avec leurs caractères spéciaux, ce qui vous permet de forger des habitudes précises sur le clavier exact que vous utilisez plutôt que sur un clavier générique.

Sources: en.wikipedia.org/wiki/AZERTY · afnor.org/en/decryptions/electrotechnologies/french-keyboard-voluntary-standard · en.wikipedia.org/wiki/BÉPO · engadget.com (France wants to fix the AZERTY keyboard, 2016) · typingpal.com (QWERTY vs QWERTZ vs AZERTY)